Meutres, vols et délits en Nouvelle-France – partie 1 – Eau-de-vie et meurtre odieux à Beauport en 1678

 

Bien qu’étant une nouvelle colonie, la Nouvelle-France n’échappe pas au crime. Étonnamment, le nombre de crimes diminue tandis que la population augmente entre le XVIIe et le XVIIIe siècle.

En fait, les chiffres nous démontrent que les crimes baissent mais les faits expliquent plutôt que se sont les accusations qui diminuent. Puisque les méthodes répressives sont faibles et surtout que les effectifs de contrôle sont ridicules, plusieurs crimes sont alors passés sous silence ou les victimes se rendent justice eux-mêmes.

Le pays étant très vaste et les effectifs pour protéger la colonie sont faibles et mal préparés. Quelques fois, les soldats portent main forte à la maréchaussée mais cela ne permet pas d’endiguer les crimes commis dans la colonie.

Le régime français utilisait le système de justice par l’exemple, c’est à dire que l’exécution des condamnations se passait sur la place publique. Par contre, malgré ce que l’on peut penser, peu de condamnations se rendaient jusque-là. Souvent, les accusés demandaient grâce au roi ou la condamnation allait en appel.

Il est vrai cependant que celles qui ont eu lieu étaient souvent humiliantes et barbares. Par exemple, une personne condamnée à être pendue était tout d’abord traînée par les pieds face contre terre pour être apportée à l’échafaud. De plus, le condamné ne pouvait recevoir de sépulture chrétienne. Tout cela dans le but de démontrer que le criminel était puni dans cette vie mais aussi pour l’éternité.

Mais quelles sont les crimes les plus odieux en Nouvelle-France ?

Robert Leclerc dit Desrosiers

Je suis tombée par hasard sur un document d’archives du procès de Robert Leclerc dit Desrosiers, un soldat qui habitait à Beauport. Bien que tous les meurtres sont odieux, ils le sont d’autant plus lorsqu’ils touchent des femmes et des enfants.

Le dit Desrosiers buvait de l’eau de vie avec Mathieu 8RAC8IT, un wendat, dans la maison du sieur de la Martinière. L’épouse de Mathieu était aussi présente. Cette dernière est enceinte. À force de boire, une querelle dégénère et la femme prend l’épée de Desrosiers. Celui-ci lui enlève de force et lui coupe les doigts d’une main. Malgré la blessure, la querelle continue et en se débattant, Desrosiers donnera un coup d’épée dans le ventre de la femme. Celle-ci succombera à ses blessures quelques jours plus tard ainsi que son bébé de qui elle a accouchée prématurément. Le nouveau-né avait le bras transpercé.

Desrosiers sera jugé et condamné à Québec. La sentence fut prononcée le 18 avril 1678. Il est condamné à porter un carcan sur la place publique pendant une heure, à 10 livres d’amendes envers le roi, à 60 livres envers les enfants de Mathieu 8RAC8IT et de son épouse décédée et il sera bannit des environs de Québec pendant 5 ans.

De plus, l’époux endeuillé est aussi emprisonné durant le procès de Desrosiers.  Le 2 avril, il sera interrogé avec l’aide d’un interprète et libéré.

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Une justice discutable ?

L’on peut questionner ce genre de sentence. Surtout avec nos y eux de contemporains mais il y avait une justice parallèle en Nouvelle-France à cette époque. Les autochtones et les noirs recevaient souvent des sentences « exemplaires ». Ces personnes étaient exécutées pour des crimes beaucoup moins grave que le meurtre et une personne comme Desrosiers se retrouvait bannit certes, mais toujours en vie et libre de refaire sa vie ailleurs.

 

Sources: http://www.justice.gouv.qc.ca/francais/ministere/histoire/crimes.htmhttp://www.guyperron.com/ptprevote_de_quebec_proces_meurtre_femme_enceinte_1678.htm

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