Tranche de vie …d’un couple, d’une famille dans les années 50 au Québec

Mes grands-parents maternels se sont mariés dans les années 50 dans un petit village, au nord de la frontière américaine avec l’état du Maine, du nom de Sainte-Lucie-de-Beauregard. Ils sont nés tout les deux à la fin des années 20. Ils ont connu la deuxième guerre mondiale, les années folles, l’arrivée de l’automobile, l’arrivée du téléphone en région, de l’électrification des régions rurales et l’arrivée de la télévision mais ils ont aussi connu les maisons sans eau courante, les matelas de paille, les filles qui ne restaient pas à l’école et les garçons non plus qui devaient rester à la maison pour aider les parents.

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Pourquoi je débute cet article en parlant de mes grands-parents ? J’ai visité ma grand-mère maternelle la semaine dernière. Mon grand-père est décédé au début de l’année 2016 et depuis, chaque fois que j’y vais, ma grand-mère me remet des documents ayant appartenu à mon grand-père ou à elle-même puisqu’elle connait ma passion pour les archives. Mais, j’ai surtout droit à des petites anecdotes sur l’histoire de leur vie. Ce qui me fait bien plaisir en fait.

Cette fois-ci, elle m’a remis les premiers carnets de caisse de mon grand-père permettant de connaître le solde de son compte, les retraits, les dépôts, etc (pour les plus jeunes qui n’en ont jamais vu).

Parmi ceux-ci, se retrouve son tout premier carnet lors de l’ouverture de son compte en 1948 à la Caisse populaire Desjardins du village. Il avait 21 ans. Il y déposait ses maigres économies afin de pouvoir offrir une vie décente à sa future femme et à ses futurs enfants.

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Ma grand-mère vous dirait, on n’avait pas de gros salaire mais on ne devait rien non plus ! L’argent qu’on gagnait nous appartenait. Qui d’autre peut dire cela aujourd’hui ? Surtout en début de vie de couple avec un prêt hypothécaire de plusieurs centaines de milliers de dollars, des prêts étudiants, des prêts automobiles, des cartes de crédit…
Lorsqu’ils se sont installés dans leur maison, elle m’a raconté avoir fait une épicerie d’une valeur de 100$ (la première épicerie coûte toujours cher, alors imaginez 100$ pour l’époque c’était beaucoup d’argent consacré à la nourriture) et il leur restait 100$. C’est tout !

Le Québec des années 40 et 50 est un Québec teinté par la pauvreté des francophones, le joug de la religion, l’élite anglophone et les grosses familles.Mes grands-parents ont eu 6 enfants. Quatre filles et deux garçons. C’était une famille moyenne pour l’époque. Mon grand-père était agriculteur mais pour pouvoir nourrir toute sa famille, il devait partir pendant des mois durant l’hiver sur des chantiers du nord du Québec pour aller bûcher. Comme des milliers d’autres Québécois en fait, laissant sa femme, parfois enceinte et ses enfants, parfois très jeunes pour aller gagner un peu d’argent supplémentaire.

Nous sommes à la sortie de la deuxième guerre mondiale et le Québec entre dans une période que l’on a appelé plus tard « La grande noirceur ». La province de cette époque était vu comme si elle évoluait à l’écart du monde. Un peu en retard. C’est aussi le règne de Maurice Duplessis et de l’Union National qui mènera la province de 1944 à 1959.

Pendant que les autres provinces évoluent rapidement, le Québec traîne de la patte (surtout les francophones) dans différents secteurs tels que l’éducation qui reste sous le joug des religieuses. Le salaire moyen augmente beaucoup plus lentement au Québec que dans le reste du pays et la religion prend encore énormément de place au sein des familles québécoises. La langue anglaise est perçue comme étant le diable en personne et les anglophones encore plus. Les enfants francophones ne vont pas à l’école plus de 9 ans et ceux (je dis bien ceux parce que celles étaient encore plus rares) qui veulent poursuivre leurs études doivent s’exiler jusqu’en Europe.

Par contre, Duplessis est aussi la personne responsable de l’électrification des régions rurales. Comme quoi, il a quand même pris des décisions positives à certains égards. Il aimait ses campagnes et voulait surtout garder les Québécois à la campagne.

C’est une partie de l’histoire de mes grands-parents mais c’est aussi une partie de l’histoire de milliers de personnes qui ont vécu à cette époque. L’histoire vue à travers la vie quotidienne m’est drôlement plus intéressante que l’histoire de l’élite et des événements marquants même si un ne va pas sans l’autre.

Source : http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/443345/rev-tranq-avant-1960 et http://www.bilan.usherb.ca/bilan/pages/collaborations/1088.html

 

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